Représenter Tchekhov c’est tenter d’être ponctuel à un rendez-vous que l’on ne peut que manquer.

Et lorsque que le poids du passé vous écrase, que l’avenir est encore un rêve qui
adviendra peut-être, comment revenir à un présent où nous n’avons jamais été.

Et si finalement tout n’était question que de chagrin pour interroger notre état
d’orphelin.

Il faut effrayer le public, c’est tout, il sera alors intéressé et se mettra à réfléchir une fois de plus.

— Anton TCHEKHOV
TCHEKHOV INTERROGE NOS CAPACITÉS, NOS MOYENS ET NOS OBLIGATIONS

Des rôles et des structures de pensées à l’intérieur d’une structure globale.
Comment représenter ce qui semble irreprésentable ?

Non seulement changer la façon de faire, mais tenter de changer la façon de regarder.
Déplacer le spectateur de sa fonction, l’obliger à changer de « point de vue », à regarder à côté... Juste à côté. Regarder le « caché » le « en dessous », car il n’est question que de cela.
« Être un humain, c’est produire la trace de son absence sur la paroi du monde et se constituer comme sujet qui ne se verra jamais comme un objet parmi les autres mais qui, voyant l’autre, lui donne à voir ce qu’ils pourront partager : des signes, des traces, des gestes d’accueil et de retrait. », nous dit Marie-José Mondzain.

Même si on ne nous montre pas tout, savons-nous voir ce qu’on nous montre afin de comprendre et penser ce que l’on ne nous montre pas ?
S’il disait que ses pièces étaient des comédies, c’est, selon moi, parce qu’il pensait qu’elles devaient se jouer dans un rythme de comédie, vite, vite, vite.
Créer des collisions signifiantes…

LA PLACE DU SPECTATEUR

J’ai choisi d’éclairer la salle, pour que les spectateurs soient dans la même temporalité que nous. Ils sont les partenaires qui nous manquaient pendant les répétitions.
Il y a un combat à mener avec le théâtre et l’acte de création en général, c’est contre ce qui s’assigne, capture, fige…

L’institution culturelle, par exemple, définit le rôle de chacun : ceux qui regardent et subissent, devant ceux qui imposent ce qu’ils font, dans une nécessaire hiérarchie du sens qui laisse l’expert dominer le jeu des images offertes aux spectateurs silencieux.
La nouvelle figure du spectateur, une figure en fuite.
Tchekhov interroge la construction ou la destruction de la place du spectateur.
Il nous révèle que les images ont un pouvoir humanisant et la distance qu’elles créent entre l’homme et ses émotions offre à celui-ci les conditions de sa liberté. A lui de ne pas subir les images, de les refuser.
L’histoire du spectateur est longue et complexe.
Elle est faite de courage et de peur, de langue et de deuil, de pouvoir et d’autorité.
Elle exige de nous aujourd’hui de ne pas céder sur notre liberté face à la violence des « industries du spectacle » qui nous rendent trop souvent consentants des productions spectaculaires, comme le rappelle encore Marie-Josée Mondzain.

Kant pensait que le spectateur de l’histoire la comprenait mieux que l’acteur parce qu’il jouissait du temps de la pensée et de la distance critique.
Le hors-champ, c’est à dire ce qui n’est ni dans le champ des mots ni dans celui de la scène, peut seul permettre de construire du sens, un récit signifiant.
Le message est précieux. Sans séparation, il n’y a pas d’image et l’homme est sans regard.

Tchekhov est le premier qui arrive à rassembler le social et le personnel à l’intérieur de drames, comme Edward Bond, dans le sens de la logique de l’imagination et de l’humain.
Il sort du théâtre qui peut imiter ces choses-là, car le théâtre est une expérience factice sans réel contenu.
Il ouvre une nouvelle voie : le drame.
Dès que nous parlons du drame, nous parlons de nous, l’individu dialogue avec cette société et sa représentation.

L’ESPACE

Tchekhov le décrit précisément (les lieux, les objets).
L’esthétique théâtrale de l’époque y trouvait son compte.
Aujourd’hui laissons au cinéma le soin de reconstituer ce passé perdu et laissons au théâtre le soin de le réinventer.
Un principe scénographique unique, allusif, indicatif.
Lorsque nous arrivons dans un théâtre, le régisseur de l’endroit dispose, pour les répétitions, un espace provisoire, fait de bouts d’autres ayant déjà servis...
Un tracé au sol…

Ces fragments et ce tracé deviennent alors notre espace.
Ce « pas fini », ce provisoire, c’est le théâtre même...
« Détester, avec la lucidité toute relative de ma raison, toute scénographie qui ne soit pas uniquement indicative », comme le disait Pasolini.
Juste ce qui est nécessaire pour mettre en lumière le sens, montrer la pensée.
C’est au spectateur à reconstituer le puzzle et à colorier tout cela, ou de le laisser en noir et blanc ou d’en faire l’esquisse...
« Rien ne vous instruit mieux des conditions de la scène que le capharnaüm d’une répétition » disait-il.

Un espace de répétition pour les grandes pièces, une armoire... des armoires, pour les pièces en un acte.

« PAS DE PSYCHOLOGIE, PAS DE PATHOS, PAS DE PERSONNAGE »

Des rôles et des structures de pensées à l’intérieur d’une structure globale.
Comment représenter ce qui semble irreprésentable ?

Non seulement changer la façon de faire, mais tenter de changer la façon de regarder.
Déplacer le spectateur de sa fonction, l’obliger à changer de « point de vue », à regarder à côté... Juste à côté. Regarder le « caché » le « en dessous », car il n’est question que de cela.
« Être un humain, c’est produire la trace de son absence sur la paroi du monde et se constituer comme sujet qui ne se verra jamais comme un objet parmi les autres mais qui, voyant l’autre, lui donne à voir ce qu’ils pourront partager : des signes, des traces, des gestes d’accueil et de retrait. », nous dit Marie-José Mondzain.

Même si on ne nous montre pas tout, savons-nous voir ce qu’on nous montre afin de comprendre et penser ce que l’on ne nous montre pas ?
S’il disait que ses pièces étaient des comédies, c’est, selon moi, parce qu’il pensait qu’elles devaient se jouer dans un rythme de comédie, vite, vite, vite.
Créer des collisions signifiantes…

LES PREMIÈRES RÉPLIQUES
DE LA PREMIÈRE PIÈCE…

LA DERNIÈRE RÉPLIQUE
DE LA DERNIÈRE PIÈCE...

TOUT EST LÀ.

Anna Petrovna - Quoi ? Triletski - Rien // Firs - ... ... ... Et toi l’inapte! ...

LA PLACE DU SPECTATEUR

J’ai choisi d’éclairer la salle, pour que les spectateurs soient dans la même temporalité que nous. Ils sont les partenaires qui nous manquaient pendant les répétitions.
Il y a un combat à mener avec le théâtre et l’acte de création en général, c’est contre ce qui s’assigne, capture, fige…

L’institution culturelle, par exemple, définit le rôle de chacun : ceux qui regardent et subissent, devant ceux qui imposent ce qu’ils font, dans une nécessaire hiérarchie du sens qui laisse l’expert dominer le jeu des images offertes aux spectateurs silencieux.
La nouvelle figure du spectateur, une figure en fuite.
Tchekhov interroge la construction ou la destruction de la place du spectateur.
Il nous révèle que les images ont un pouvoir humanisant et la distance qu’elles créent entre l’homme et ses émotions offre à celui-ci les conditions de sa liberté. A lui de ne pas subir les images, de les refuser.
L’histoire du spectateur est longue et complexe.
Elle est faite de courage et de peur, de langue et de deuil, de pouvoir et d’autorité.
Elle exige de nous aujourd’hui de ne pas céder sur notre liberté face à la violence des « industries du spectacle » qui nous rendent trop souvent consentants des productions spectaculaires, comme le rappelle encore Marie-Josée Mondzain.

Kant pensait que le spectateur de l’histoire la comprenait mieux que l’acteur parce qu’il jouissait du temps de la pensée et de la distance critique.
Le hors-champ, c’est à dire ce qui n’est ni dans le champ des mots ni dans celui de la scène, peut seul permettre de construire du sens, un récit signifiant.
Le message est précieux. Sans séparation, il n’y a pas d’image et l’homme est sans regard.

Tchekhov est le premier qui arrive à rassembler le social et le personnel à l’intérieur de drames, comme Edward Bond, dans le sens de la logique de l’imagination et de l’humain.
Il sort du théâtre qui peut imiter ces choses-là, car le théâtre est une expérience factice sans réel contenu.
Il ouvre une nouvelle voie : le drame.
Dès que nous parlons du drame, nous parlons de nous, l’individu dialogue avec cette société et sa représentation.

PAS DE PSYCHOLOGIE, PAS DE PATHOS, PAS DE PERSONNAGE

Des rôles et des structures de pensées à l’intérieur d’une structure globale.
Comment représenter ce qui semble irreprésentable ?

Non seulement changer la façon de faire, mais tenter de changer la façon de regarder.
Déplacer le spectateur de sa fonction, l’obliger à changer de « point de vue », à regarder à côté... Juste à côté. Regarder le « caché » le « en dessous », car il n’est question que de cela.
« Être un humain, c’est produire la trace de son absence sur la paroi du monde et se constituer comme sujet qui ne se verra jamais comme un objet parmi les autres mais qui, voyant l’autre, lui donne à voir ce qu’ils pourront partager : des signes, des traces, des gestes d’accueil et de retrait. », nous dit Marie-José Mondzain.

Même si on ne nous montre pas tout, savons-nous voir ce qu’on nous montre afin de comprendre et penser ce que l’on ne nous montre pas ?
S’il disait que ses pièces étaient des comédies, c’est, selon moi, parce qu’il pensait qu’elles devaient se jouer dans un rythme de comédie, vite, vite, vite.
Créer des collisions signifiantes…

LES PREMIÈRES RÉPLIQUES
DE LA PREMIÈRE PIÈCE…

LA DERNIÈRE RÉPLIQUE
DE LA DERNIÈRE PIÈCE...

TOUT EST LÀ.

Anna Petrovna - Quoi ? Triletski - Rien // Firs - ... ... ... Et toi l’inapte! ...

LES PAUSES

Il est le premier à aller si loin dans la notion de partition musicale.
Les pauses sont écrites et mises en exergue dans le manuscrit.
Des collisions signifiantes ... la persistance rétinienne et acoustique.
Là où l’on a trop à dire.

L’espace de temps où tout peux basculer, espace de bifurcation, de la pensée pure, de dialogue avec les spectateurs.
Le théâtre ce n’est pas les mots interrompus par le silence, mais bien l’inverse :
le silence interrompu par les mots.

Il n’y a pas de réponses toutes faites.
Alors le prendre au pied de la lettre : «Il faut effrayer le public, c’est tout, il sera alors intéressé et se mettra à réfléchir une fois de plus».

Et que dire de plus que Tchekhov lui-même lorsqu’on l’interrogeait ?
Il montrait le manuscrit et : « Écoutez j’ai tout écrit ... c’est là-dedans ! »

TROIS PÉRIODES COMME EN PEINTURE

Deux pièces sociétales, de factures traditionnelles, les deux premières :
SANS PÈRE (au sens de la période politique)
IVANOV

Deux pièces qui entrent en collision avec la dramaturgie traditionnelle
et ouvrent des perspectives nouvelles pour un théâtre à venir :
LA MOUETTE
ONCLE VANIA

Deux pièces de troupe (écrites pour le Théâtre d’Art de Moscou), les deux dernières :
TROIS SŒURS
LA CERISAIE

Et aussi neuf pièces en un acte :
SUR LA GRAND ROUTE - étude dramatique
LE CHANT DU CYGNE - étude dramatique
LA DEMANDE EN MARIAGE - plaisanterie
TATIANA REPINA - plaisanterie
LA NOCE - comédie
TRAGÉDIEN MALGRÉ LUI - plaisanterie
UN JUBILÉ - plaisanterie
L’OURS - plaisanterie
DE LA NOCIVITÉ DU TABAC - monologue

UNE ÉQUIPE D’ACTEURS EN ALTERNANCE

Brigitte Barilley, Jenny Bellay, Leslie Bouchet, Vanessa Fonte, Lise Quet, Laure-Lucille Simon, Hélène Stadnicki...
Christian Benedetti, Nicolas Buchoux, Philippe Crubézy, Daniel Delabesse, Laurent Huon, Benjamin Jungers, Alex Mesnil, Jean Pierre Moulin, Vincent Ozanon...

Christine Brücher, Marie-Sophie Ferdane, Isabel Aimé Gonzalès Sola, Elsa Granat, Florence Janas, Anamaria Marinca, Céline Milliat-Baumgartner, Judith Morisseau, Nina Renaux, Alix Riemer, Isabelle Sadoyan *, Martine Vandeville, Hélène Viviès,
Laure Wolf.
Antoine Amblard, Alexis Barbosa, Jean-Claude Bolle-Redat, Christophe Caustier, Christophe Carotenuto, Philippe Lebas, Xavier Legrand, Jean Lescot *, Stéphane Schoukroun, Alexandre Zambeaux, Yuriy Zavalniouk nous ont aussi accompagnés.
* Isabelle et Jean nous ont quittés, le travail et les représentations leur sont dédiés.

OÙ ET QUAND

Création octobre 2020
!POC! Alfortville
Du 2 au 4 octobre - Intégrale

Novembre 2020
Athénée-Théâtre Louis Jouvet
Du 2 au 28 novembre

Décembre 2020
Maison de la culture d’Amiens
Du 4 au 6 décembre - Intégrale

JANVIER FéVRIER MARS AVRIL 2021
THéÂTRE-STUDIO D’ALFORTVILLE

Les visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif GrapusLes visuels de notre saison Tchekhov ont été crées par l’atelier Nous Travaillons Ensemble, un des trois groupes nés au sein du feu collectif Grapus

… Au théâtre d’art, tous ces détails avec les accessoires distraient le spectateur, l’empêchent d’écouter…
Ils masquent l’auteur /… /
Vous savez, je voudrais qu’on me joue d’une façon toute simple, primitive…
Comme dans l’ancien temps… une chambre… sur l’avant scène un divan, des chaises…
Et puis de bons acteurs qui jouent… C’est tout…
Et sans oiseaux et sans humeurs accessoiresques…
Ça me plairait beaucoup de voir mes pièces représentées de cette façon-là…

—  Evtikhi KARPOV citant les propos de TCHEKHOV in Tchekhov dans les souvenirs, 1954 / pages 575 et 576

" Une Mouette à valeur de manifeste “

Fabienne DARGE, Le Monde

" Ils sont tous magnifiques. Il faut se précipiter voir La Mouette . “

Fabienne PASCAUD, Télérama

" Une troupe excellente et très bien menée... Un travail tout à fait remarquable... C’est très beau. “

Armelle HÉLIOT, Figaroscope

" Courez voir cette Mouette, elle vole, elle brûle ses ailes à l'horizon d'un théâtre tout simple, sans décor, Christian Benedetti la met en scène et l'interprète avec son équipe comme une partition. Une heure cinquante d'un vrai régal. “

Jean-Pierre LÉONARDINI, L’Humanité