La ville / La campagne

Fidèle collaboratrice de Christian Benedetti, Brigitte Barilley s’attaque à l’œuvre de Martin Crimp avec ces deux pièces, liées par leur processus d’écriture, qu’elle choisit de présenter en diptyque.

Dans La Ville et La Campagne, l’auteur anglais convoque des motifs similaires pour disséquer des milieux sociaux différents. Mêlant le trivial au tragique, il éclate la narration et nous invite à réfléchir sur nos mythes contemporains.

Lorsque j’ai lu La Ville, j’ai été saisie par l’écriture : l’éclatement du récit fait surgir celui du monde et de nos vies. Martin Crimp s’empare de nos préoccupations et perceptions qu’il juxtapose par association. La fable raconte alors ce chaos. Nous sommes invités à mener l’enquête du sens de nos vies.

La Campagne, dont la structure commune avec La Ville et les thématiques se répondent, a éclairé La Ville. Dans une ambiance de fin du monde, l’intrigue d’un trio amoureux conventionnel en mode thriller est très vite déconstruite et dépassée par des questionnements existentiels se mêlant à une mémoire des contes de l’enfance. Quels sont nos fondements ? Quelle Histoire nous racontons-nous ?

La nécessité de créer un diptyque s’est imposée. Avec un texte explosif et lumineux d’une part, et un autre plus sombre et souterrain. Deux faces complémentaires. Le sociétal et l’intime.

Dans La Ville, un couple se confronte à un monde menaçant, à la violence des rapports de force, au travail comme dans la cellule familiale, à l’imminence d’une guerre secrète. Dans La Campagne, un autre couple tente d’y échapper, comme on fuit la catastrophe, cherchant les traces d’une humanité qui nous échappe, à réparer. 

Une figure viendra ébranler chacun de ces couples qui, à l’image de la société, s’aveugle pour se maintenir dans un statu quo sisyphéen. Agissant comme un révélateur cette figure est tout autant la représentation de nos fantasmes et illusions que l’émanation de questionnements sociétaux. 

Désir, manque, peurs, guerre irriguent une chimie altérée des êtres, mimétique de celle de nos sociétés. Martin Crimp nous entraine dans un Grand-huit jubilatoire, avec une écriture au scalpel et à l’humour absurde irrésistible.

La traductrice de La Ville tente d’écrire en voyageant dans « sa ville intérieure » mais la poussière a tari l’encre du stylo comme les cendres ont recouvert sa ville imaginaire, celle dont elle espérait qu’elle la rendit vivante…

Peut-on fuir ce qui secoue notre monde? Comment vivre alors ?

Mise en scène : Brigitte Barilley

Traduction : Philippe Djian © L’ARCHE Éditeur

Mise en scène : Brigitte Barilley

Collaboration artistique : Bernard Fauveau

Avec : Antoine Amblard, Antoine Doignon, France Ducateau, Caroline Piette, Alix Riemer

Vidéo : Alex Mesnil

Lumières : Sean Seago

Son : Isabelle Surel

Du 14 au 26 juin 

La ville : 19h30

La campagne : 21h30

Avec sa Compagnie Les Travaux et Les Jours, Brigitte Barilley a mis en scène : Diptyque Martin Crimp : La Ville/La Campagne, deux pièces de Martin Crimp ; SVEVN / Les jours s’en vont de Jon Fosse ; Que seul un chien de Claudine Galea ;  Innocence de Dea Loher ; Portraits d’humains entre ciel et terre de Jean Gabriel  Foucaud ; Les relations de Claire de Dea Loher en 2007. Pourquoi les coquelicots    sont rouges ? spectacle Jeune Public, de Claire Desage.

Elle a été assistante à la Mise en scène auprès de Christian Benedetti sur Guerre de Lars NOREN (2023), ainsi que sur l’Intégrale Tchekhov . Assistante artistique auprès de Joël Dragutin au Théâtre 95.  

Intervenante pédagogique pour les Options Bac Théâtre de différents lycées pendant 20 ans, ainsi qu’à l’Université de Cergy. Elle a dirigé des stages envers de nombreux autres publics (lycéens, spectateurs, détenus, personnes neuroatypiques…), ainsi que dans le cadre de ses propres productions.

Comédienne au théâtre, Brigitte Barilley a travaillé avec Christian Benedetti : Woyzeck, Les Démons de Dostoïevski, l’Intégrale Tchekhov : Arkadina dans La Mouette, Lioubov dans La Cerisaie, Maria dans Oncle Vania, Zinaïda dans Ivanov, etc … Avec Patrice Bigel sur de nombreuses créations issues d’un travail collectif, textes contemporains et de répertoire, théâtre chorégraphié, connaissant d’importantes tournées internationales. Puis avec Lisa Wurmser : A. Galline, E. de Filippo, avec Patrick Collet : F.Billetdoux, avec Julia Zimina : M. Tsvetaïeva, Olga Moukhina, avec Didier Ruiz : l’Amour en Toutes Lettres, avec Joël Dragutin : Les Habitants, Chantier Public, avec René Loyon : C. Cora, avec Anne Seiller : Marc-Antoine Cyr, Xavier Maurel, Marc Beaudin, Philippe Cyr…

Au cinéma, elle a tourné avec Xavier Legrand (César court-métrage, nominé aux Oscars), Jean-Paul Civeyrac, Pierre Vinour, Jean-Jacques Zilbermann, Virginie Schwartz et Colinne Assous, Jean-Luc Janner, Patrick Lambert, Jack Gold, Pierre Granier-Deferre, Raymond Depardon….TV et Séries, avec Amy et Daniel Palladino, Andrew Fleming, Simon Cellan Jones, Jérémy Minui, Arnaud Mercadié, Raoul Peck, Gérard Vergez, Olivier Chavarot, José Pinheiro, Joel Santoni, Alain Wermus, Patrick Jamain, Claudio Tonietti, Alain Robillard, Olivier Panchot, Didier Bivel, Jean Luc Brettenstein, Keith Bearden, Olivier Dahan, Christophe Barbier, Didier Grousset….

 

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