Blanche-Neige, Histoire d’un Prince débute là où la majorité des contes s’achèvent.

Ici, les personnages ne vivent pas heureux. Ils n’ont pas de nombreux enfants.

Ils sont solitaires. Ils célèbrent leur union jusqu’à l’excès. Par peur de s’ennuyer, ils consomment et pillent leur royaume.

Ils le ravagent.

L’imaginaire Disney nous a peu à peu fait oublier que c’est la violence qui domine dans les contes de notre enfance. Cette mythologie populaire est construite sur des rapports de pouvoir, de classe, de genre.

MarDi (Marie Dilasser), dans sa langue unique, nous invite à gratter sous le vernis princier.

Iel nous montre une nature abîmée, salie, où seul l’imaginaire peut encore tout sauver.

Iel évoque avec malice d’autres modèles de corps, d’autres modèles de couple

Qu’on le veuille ou non, on finit toujours par revenir à l’univers du conte.

Publicité, cinéma, littérature : on ne peut y échapper. Pourquoi ces modèles archaïques sont-ils encore si présents dans notre culture ? Quels enseignements continue-t-on à y trouver ?

Pourquoi mettre toujours en avant, dans les adaptations hollywoodiennes, les mêmes situations et personnages stéréotypés ?

Aussi loin que je m’en souvienne, je me suis toujours méfié des histoires qui débutaient par “Il était une fois…”
Peut-être parce qu’elles étaient un peu trop manichéennes.
Que les épreuves s’y résolvaient toujours un peu trop facilement.
Que tout le monde y était un peu trop parfait.
Ou, peut-être tout simplement, parce que je ne m’y sentais pas représenté.
Je n’y avais pas ma place.

Ce qui m’intéresse avec Blanche-Neige, Histoire d’un Prince, c’est que, pour une fois, c’est l’étrange, le bizarre, le baroque et l’inconvenant que l’on célèbre.
Que tout y est bien plus nuancé et complexe que ce que l’on croit connaître.

Humour, outrance, faux-cils et barbes postiches seront nos outils de prédilection pour interroger cette fable et ce qui continue à nous lier à elle.

Guillaume Langou

Terminus Collectif

Travail en cours, 1h

 

Texte : MarDi (Marie Dilasser)

Mise en scène : Guillaume Langou

Avec : Adèle Marini, César Varlet, Emilie Diaz

Création musicale : Anna Bouchet

Scénographie : BruLan

Collaboration artistique : Héléna Tahar Chaouch

Création et régie lumière : Louise Boutry

Travail en cours, 1h

Jeudi 15 octobre, 20h30

Gratuit sur réservation

MarDi est auteur.ice. Iel écrit pour la scène, ses spectacles sont joués en France et à l’étranger.

En 2000, iel obtient une licence d’arts du spectacle puis intègre, en 2003, le département « écriture » de l’ENSATT à Lyon où iel y rencontre la théorie Queer, le trouble dans le genre, les traboules et Michel Raskine qui mettra en scène trois de ses textes : Quoi être maintenant ?, Le Sous-locataire et Blanche-Neige, histoire d’un Prince.

Iel revient en Bretagne et achète des truies avec ses premiers droits d’autrice et, entre naissage et engraissage, iel écrit entre autres Écho-Système (mis en scène par Sylvie Jobert), Crash Test (mis en scène par Nicolas Ramond) et Paysage Intérieur Brut (mis en scène par Christophe Cagnolari, Barbara Shlittler et Blandine Pélissier).

Iel gère ensuite pendant six ans un bar-tabac-épicerie où iel écrit Montag(n)es (monté collectivement), Intermondes (mis en scène par Laurent Vacher), Supposée Ève (mis en lecture par Laëtitia Guédon), MADAM#2 Ou comment faire le mur sans passer la nuit au poste (mis en scène par Hélène Soulié).

En 2019, iel navigue-écrit Soudain, chutes et envols (mis en scène par Laurent Vacher en 2022), Penthésilé·e·s (Amazonomachie) (mis en scène par Laëtitia Guédon en 2021), Océanisé·e·s (mis en scène par Lucie Berelowitsch et adapté sous le titre Vanish en 2020) ; Ceci est mon corps (commande et mise en scène par Claire Engel), ainsi que Peau d’Âne – La fête est finie (commande et mise en scène par Hélène Soulié).

En 2023, MarDi rencontre Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth, qui lui commandent et mettent en scène Señora Tentación. En 2026, iel signe un contrat à plein temps en tant qu’auxiliaire de vie à domicile, entre autres raisons pour nourrir une réécriture de La Belle au bois dormant.

Ces textes sont publiés aux Solitaires Intempestifs.

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