17H-18H : RENCONTRE — FAIRE DU THÉÂTRE MALGRÉ TOUT
Avec Christian Benedetti, Gianina Cărbunariu, Béatrice Picon-Vallin et Árpád Schilling
Béatrice Picon-Vallin est directrice de recherches au CNRS, théâtrologue, spécialiste du théâtre russe et soviétique.
19H-19H30 : KILL BERGMAN
Un metteur en scène accompli et reconnu, resté seul sur la scène après une répétition, est interrompu dans ses réflexions par une jeune comédienne dont la candeur et l’admiration assoient encore l’ascendant de l’homme qui la dirige et qui fut l’amant de sa mère.
En adaptant Après la répétition, Árpád Schilling scrute le dispositif par lequel Ingmar Bergman analyse les relations entre hommes et femmes et son propre pouvoir de créateur. Le théâtre n’est pas démocratique, mais au contraire une institution autocratique dans laquelle tout dépend de la bonne volonté, du talent et de l’intelligence du metteur en scène. Il est le seul à avoir un rôle de contrôle, et les acteurs sont redevables de ce statut. L’acteur ne choisit jamais le metteur en scène, la relation est à sens unique et le pouvoir est concentré entre les mains d’un seul — culturellement et historiquement, un homme.
Omniscient, omnipotent, le créateur manque pourtant de faire face à sa responsabilité. Bergman prend la pose de l’introspection et de l’autocritique. Transparence ou manière de se blanchir ? « Je sais pertinemment qu’il serait absurde et inutile de faire tomber la statue d’un si grand géant artistique et je ne suis pas favorable à un effacement insensé du passé. Mon intention est de piéger Bergman dans une structure qu’il a lui-même créée. Et s’il devait vraiment faire face à son arrogance, s’il devait voir s’effondrer les murs de la défensive qu’il s’est imposée et découvrir la vérité nue ? Que tout cet art était un moyen, pas une fin. » (Árpád Schilling)
INTERMÈDE : POUR GISÈLE
De « Giselle » à Gisèle (Pélicot). Le prénom dit le ballet. Les Âmes dansent après la mort. La femme qui ne meurt pas, la femme qui prend la parole, la femme qui danse, c’est la révolte. Gisèle. Pour lui rendre un peu de tout ce qu’elle a donné. Suspendre un instant le temps. Comme une trêve, une passerelle. Pour la beauté.
20H30-21H45 : MAGDA BY GIANINA
Magda par Gianina est une lecture performative signée et interprétée par la dramaturge et metteure en scène Gianina Cărbunariu, réalisée dans le cadre du programme Feminist Theater Archive – FEM100 qui promeut la redécouverte de l’histoire du théâtre féminin de 1920 à 2020.
Ce spectacle s’appuie sur des documents issus des archives de la metteuse en scène Magda Bordeianu, une artiste dont la contribution à l’histoire du théâtre roumain est restée méconnue. Mêlant recherche archivistique et expérience personnelle, Gianina Cărbunariu reconstitue le parcours de Magda Bordeianu dans une perspective contemporaine, à travers le prisme de ses souvenirs de jeune metteure en scène formée dans la Roumanie post-communiste. Cette lecture réunit deux générations d’artistes – celle qui s’est affirmée après la Seconde Guerre mondiale et celle qui a grandi dans la liberté après la révolution de 1989 – et interroge la liberté d’expression et les choix personnels dans différents contextes politiques.
L’avant-première a eu lieu le 21 septembre 2025, sous-titrée en hongrois, dans le cadre du festival de théâtre contemporain dráMA, organisé par le théâtre Tomcsa Sándor à Odorheiu Secuiesc. La première officielle a suivi le 29 septembre 2025 à la Maison de la Culture des Étudiants de Bucarest, lieu où, en 1968, Magda Bordeianu, alors étudiante, avait fondé le Théâtre Podul, un espace qui a marqué des générations d’artistes.
22H : DJ SET Camille Lockhart en partenariat avec La Muse en Circuit